Quelque part, à mi-chemin entre Dabou et Grand-Lahou…. Voici Tiagba. Implantée sur une ile au milieu de la lagune, c’est l’une des rares cités lacustres de Côte d’Ivoire… une curiosité en soi, classée au patrimoine de l’Unesco avec ses cases sur pilotis et ses maisons de pêcheurs. Il faut se perdre au milieu des plantations d’hévéas et de palmiers, au bout d’une piste interminable pour découvrir ce site unique en son genre. Ne renoncez pas… BAAB vous ouvre la route Tiagba se mérite Il est dans tous les guides, dans toutes les brochures touristiques ou les anciens récits de voyage… et pourtant, Tiagba n’est pas simple à trouver! Très prisé des touristes sous l’ère Houphouët, ce village a été peu a peu délaissé des visiteurs et son accès aussi! Un panneau grignoté de rouille et à demi recouvert de végétation sur la route entre Dabou et Grand-Lahou vous indique la voie. 20 km de piste plus tard, et après avoir fait maintes fois confirmer la direction aux rares piétons rencontrés, vous débouchez sur la lagune. La route s’arrête. Pour continuer, ce sera en pirogue ! Un site aux allures de village gaulois Il y aura toujours quelqu’un pour vous embarquer. Traversée directe ou tour de l’ile. A vous de voir ! En tout cas, c’est depuis l’eau que l’on apprécie le mieux la beauté et la singularité de ce village. Rattachée à la circonscription de Jacqueville, l’île de Tiagba, jadis appelée l’ile aux oies, s’étend sur 2 ha de latérite rouge, dont la majeure partie demeure sauvage. Le village, construit en bordure de lagune, est un mélange chamarré de cases traditionnelles, de maisons sur pilotis et de constructions plus modernes. Une mixité qui en fait son charme surtout quand le village est baigné par la douce lumière du soir. Ses habitants, les Ahizis, vivent principalement de pêche et d’agriculture. Des activités dépendantes de la nature, peu lucratives, qui rendent les conditions de vie rudes et modestes et favorisent, malheureusement, l’exode vers la terre ferme. Une immersion au cœur de la vie d’un village traditionnel. Les touristes se faisant rares, attendez vous, dès l’arrivée au village, à être accueillis par une horde d’enfants. Ils vous suivront en une joyeuse procession tout au long de votre visite et des habitants vous serviront de guide. En toute simplicité, vous plongerez dans la vie quotidienne de ce peuple de pêcheurs. De la découverte de l’église à l’ancienne salle de classe, de la boutique du coin à la rencontre du notable du village, de la discussion avec le directeur de l’école aux regards intrigués des veilles femmes, laissez vous porter et déambulez dans les ruelles. Profitez, échangez et partagez votre expérience… car Tiagba mérite vraiment d’être connu.

Heyssi

Publié en octobre 2016