Elles s’appellent Assoko, Balouaté, Meha, Nyamouan, Elouamin et Bosson Assoun et figurent dans tous les guides sur la Côte d’Ivoire sous le nom du Parc National Marin des Îles Ehotilé. J’ai longtemps cherché comment aborder cet archipel de verdure posé dans la lagune Aby, à l’arrière de la Passe d’Assinie. L’accès est réglementé et ne s’y fait que par autorisation et accompagnement de guides de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves. Un week-end à la Villa Tiba à Etuessika m’en a donné l’occasion. Je partage ! Un parc préservé Le parc des îles Ehotilé à été reconnu Parc National en 1974 puis classé site Ramsar en 2005 (convention pour la préservation des milieux humides). C’est un archipel de 6 îles s’étendant sur une superficie de 550 ha dont 40% de la végétation est constituée de mangroves à palétuviers : un dédale de chenaux et tunnels plus ou moins serrés dans lesquels il est possible de naviguer en compagnie d’un guide agrémenté, d’un bon pilote de bateau et en faisant bien attention à sa tête ! Les parties de sol ferme des plus grandes îles sont couvertes de forêts denses ou de prairies marécageuses contenant des espèces classées, rares ou menacées. Un parc aux multiples trésors La visite en bateau permet de slalomer entre ces bouts de terre à la découverte des trésors cachés et souvent peu accessibles sans l’aide ou les explications d’un guide : passage périlleux (mais magique) dans le tunnel des éléphants, découverte du puits d’eau douce, explications sur les vestiges archéologiques et la nécropole des rois (non visitable actuellement), halte sur le sentier botanique de l’île d’Assoko à la découverte de la pharmacopée locale ou balade dans la prairie immergée de l’île Meha au milieu des fougères dorées et griffes de léopard (ce sont des plantes !) pour une observation des oiseaux… une escapade de plusieurs heures pour appréhender la diversité de cet écosystème. De drôles d’habitants La principale richesse de ces îles est qu’elles accueillent un nombre important d’espèces avicoles : hérons, sternes royales, aigrettes, cigognes, martins pécheurs-pies ou tourterelles… et environ 128 autres espèces endémiques ou migratrices. Les îles abritent aussi quelques singes et des lamantins (protégés car en voie d’extinction) et surtout une colonie impressionnante de roussettes des palmiers. Considérées dans les croyances locales comme le signe de la présence de parents disparus, elles sont des dizaines de milliers, suspendues, tête en bas, aux arbres de l’île Balouaté. Rencontre surprenante et fantastique, quelque peu effrayante aussi ! Pourtant le guide vous expliquera qu’elles sont inoffensives et certainement pas agressives: elles dorment en journée, puis migrent dès 18h vers Adiaké à la recherche de nourriture dans un ballet nocturne très organisé qui obscurcit le ciel au dessus de la lagune. Un spectacle magique à observer pour terminer la journée, une signature du passage dans les Îles Ehotilé.

la Villa Tiba | Baab

Contact: OIPR à Abidjan: 27 22 41 40 59 ou à Ettuessika: 07 67 34 31 17

Publié en mars 2018