Ce mois-ci, BAAB vous confie sa plume et vous laisse le soin de nous raconter votre Côte d’Ivoire. Ces lieux où vous vous retrouvez en famille, qui vous ont vu grandir, ou vous aimez vous réfugier, où vous avez vos habitudes, vos rituels. Vos mots, votre vision…

La première à se lancer, c’est Hermione. Sa famille habite Grand-Lahou depuis plusieurs générations. Elle nous sert de guide et nous ouvre la route vers le village de son père.

Mon père est né vers 1937. A cette époque, les villageois n’avaient pas pour habitude de déclarer les naissances. Il est né à Lahou-Plage qui existait bien avant Grand-Lahou, c’est une presqu’île. Mon grand-père y avait une sympathique maison, où il exposait les fusils que son jeune frère avait ramené de la seconde Guerre Mondiale. Je me souviens encore de Lahou-plage que l’on atteignait en traversant le fleuve Bandama avec “le Bac”, Lahou-plage et ses allées jonchées de coquillages… Malheureusement la cité subit de plein fouet les affres de l’érosion. Comme elle est amenée à disparaître, mon père ainsi qu’une grande partie des habitants se sont déplacés et installés sur la terre ferme, en face, à Grand-Lahou. Je vous invite chez moi…Promenons-nous un peu dans ma ville. Grand-Lahou, est une belle petite bourgade en plein essor économique. C’est une ville très métissée où on retrouve une grande communauté d’ApolloniLE ens, des Didas, des Burkinabés, des Dioulas et quelques Mauritaniens commerçants. Dès l’entrée, en bordure de la côtière, on peut apercevoir la gare routière goudronnée, bondée à la fois de voyageurs et de vendeuses d’attiéké . Puis la statue de Felix Houphouët Boigny, la pharmacie et l’artère principale avec la mairie, l’hôpital général, la sous-préfecture, des commerces et le marché… Ah, ce marché ! Il n’est pas très grand mais très animé, surtout les vendredis. Je l’aime beaucoup. Ma mère y va souvent pour faire des achats et elle revient toujours avec des anecdotes ! On y trouve de tout mais surtout du poisson (c’est la spécialité de Grand-Lahou !) et de l’attiéké, bien sûr. Là, j’en profite pour dire que ma mère est une grande connaisseuse : à chaque fois qu’elle s’y rend elle goûte à plusieurs reprises ce mets très prisé des Ivoiriens, pour le choisir ni trop acide, ni trop amer avec une très bonne saveur et très frais… que l’on mangerait nature, tel quel ! A Grand-Lahou il y a également deux églises, une petite et une plus grande. Mon père affectionne la petite car la messe est vite “liquidée” comme il aime à le dire ! On y trouve également une mosquée et un temple méthodiste. Puis il a le stade Henry Konan Bedié, malheureusement en mauvais état et qui demande à être réhabilité. Très ombragé avec sa forêt dense encore présente, Grand-Lahou est un endroit où il fait bon vivre et séjourner. Mes parents y possèdent d’ailleurs un charmant motel, l’Auberge du Verger, l’un des premiers installés dans la ville. Il est situé à l’intérieur d’un grand jardin arboré. Les chambres sont simples, peu coûteuses mais l’endroit est agréable et reposant et surtout on y mange très bien ! Ma mère commercialise les fruits du verger ainsi que des jus et des sirops maisons, que tout visiteur appréciera. Juste à côté de l’hôtel, il y a la maison que mon père a commencé à construire il y a 23 ans ! Elle est grande avec des colonnes, et elle est en forme de croix. Depuis 2 ans seulement, mon père avec toute la famille a commencé à y vivre. Le domaine est entouré d’une très belle forêt où on trouve toute sorte d’animaux. Les amoureux de la nature pourront y effectuer une randonnée s’ils le souhaitent ou emprunter, à l’embouchure du Bandama, une pinasse, une pirogue ou même un petit bateau à moteur pour se rendre à Lahou-Plage. Je terminerai ma promenade avec le vieux Boni, très heureux de se faire photographier et enchanté de montrer son savoir-faire qui consiste à fabriquer de manière artisanale la toiture des maisons rustiques. Espérons que je vous aurai donné l’envie de faire un petit tour chez moi…la route est assez bonne et on met à peu près 2h depuis Abidjan. Au plaisir de vous recevoir chez les Avikams !

Hermione

Le Verger: 07 48 03 50 87 (hôtel)

07 07 89 55 03 (resto)

Publié en avril 2017