Skip to main content

Tout au long du mois de février 2022, on célèbrera la richesse du patrimoine culturel et historique ivoirien avec l’«Ivoire Black History Month », organisé pour la troisième année consécutive par de jeunes Ivoiriens. Cette initiative, inspirée du «Black History Month » américain, qui a lieu chaque année depuis 1976, vise à permettre à la jeunesse de se réapproprier, à travers une série d’activités, un pan de leur(s) identité(s) que l’influence de la colonisation, par la force des choses, a plus ou moins relégué à l’oubli.

« A people without knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots» (« Un peuple ignorant de son passé, ses origines et sa culture est comme un arbre sans racines»). Cette citation de Marcus Garvey, militant noir du XXème siècle et précurseur du panafricanisme considéré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari, résume tout à fait l’état d’esprit dans lequel a été créé l’IBMH. Pour ses promoteurs en effet, «la plupart des jeunes Ivoiriens ne connaissent pas leur patrimoine culturel et donc ne le valorisent pas. Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. La culture n’est pas une vue de l’esprit : elle permet de se réunir et de bâtir une nation. Avec l’Ivoire Black History Month, chaque Ivoirien aura une meilleure connaissance de son patrimoine historique et culturel pour bâtir la Côte d’Ivoire de demain.»
Contrairement aux précédentes éditions, limitées à Abidjan, ce troisième IBMH se déroulera également dans deux autres villes du pays : Rubino et Grand-Bassam. Un choix hautement symbolique, puisque Rubino, où eut lieu la révolte des Abbeys, et Grand-Bassam, point de ralliement de la célèbre marche des femmes en 1949, incarnent de hauts lieux de la résistance ivoirienne à l’entreprise colonisatrice. Après avoir mis l’accent sur la paix et la cohésion nationale en prenant pour thème « Quatre grands groupes ethniques, une nation : La Côte d’Ivoire » l’année dernière, les structures organisatrices
(le collectif Afrokemit, Tchewôlô et YL Studio) ont cette fois décidé de rendre hommage à tous les résistants de la première heure comme Zokou Gbely ou Marie Koré, que l’ombre de Félix Houphouët- Boigny a injustement fait sombrer dans l’oubli.

Dans la foulée du lancement et coup d’envoi officiel de cette troisième édition, prévu le 29 janvier, une série de happenings variés émaillera tout le mois de février : activités pour enfants, marche commémorative des femmes de Grand-Bassam et gala de clôture. Dans le même temps, 28 héros sans super pouvoirs et souvent méconnus, seront présentés jour après jour sur les plateformes numériques de l’IBMH, afin de découvrir des personnages dont on ne parle pas, ou si peu , dans les livres d’histoire, mais qui ont pourtant joué un rôle fondamental dans l’émancipation des peuples de Côte d’Ivoire. Une façon d’éveiller les consciences aux valeurs locales, mais aussi de réveiller et d’honorer l’histoire de l’Afrique en général et de la Côte d’Ivoire en particulier, dans tout ce qu’elle a de plus noble et glorieux.

Ivoire Black History Month « Les Figures ivoiriennes de la résistance », février 2022
FB: Ivoire Black History Month

Ivoire Black History_BAAB