Le 21 novembre, le Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire a inauguré l’exposition «Fiertés, symboles et identité», qui fait suite à «Renaissance», organisée en juillet 2017 à l’occasion des 8e Jeux de la Francophonie. Une exposition qui réaffirme le rôle du MCCI en tant que passerelle entre la Côte d’Ivoire d’hier et celle d’aujourd’hui, et répond à un besoin de réappropriation de son identité par le peuple ivoirien. Derrière les cimaises et les présentoirs vitrés, c’est toute l’équipe du musée, emmenée par sa directrice, le Dr. Silvie Memel Kassi, qui se démène sur tous les fronts pour sortir cette remarquable institution de son isolement et l’ouvrir davantage à la jeunesse et aux personnes culturellement défavorisées.

Et ce travail porte ses fruits : de 8000 entrées/an en 2006 lorsque Mme Memel Kassi a pris la tête du musée, le taux de fréquentation est passé en 2017 à 120000 entrées/an, dont 60000 pour la salle d’exposition, qui répond aujourd’hui aux exigences internationales en matière de présentation, de scénographie et de conditions de conservation des œuvres (lumière, climatisation, sécurisation…). Il reste cependant bien des défis à relever pour que la culture puisse jouer pleinement son rôle de ferment identitaire et pacificateur, notamment celui de la compétitivité. «Nous devons innover, repenser le musée du point de vue attractif en allant dans le sens des goûts du public», explique sa directrice. Pour cela, outre une politique de communication dynamique (présence dans la presse, sur les réseaux sociaux et à la télévision…), l’institution a initié plusieurs opérations stratégiques, comme le projet «Le Musée vient à vous» visant les écoles, les universités et les entreprises auxquelles elle est liée par plusieurs conventions, ou encore les sondages visiteurs. 

Par ailleurs, avec la question de la restitution des biens culturels africains à leurs pays d’origine, se pose également le défi de la conservation et de la sécurisation des œuvres. Un énorme travail a ainsi été accompli afin d’assurer la longévité des collections en essayant de stabiliser leur état physique, notamment à travers la réorganisation des réserves, désormais toutes dotées d’étagères en cuivre galva et de portes blindées financées par la fondation Aliph1. En parallèle, le MCCI collabore avec le Musée du quai Branly pour compléter son fonds d’archives et rendre la parole à ses objets. Enfin, une nouvelle phase de numérisation du fonds muséographique, portant sur quelque 3000 pièces (selon le dernier inventaire de 2013, le musée en compterait au minimum 15210), devrait permettre d’élaborer un nouveau catalogue faisant suite à celui publié en 2018 aux éditions Michel Lafon en association avec la fondation Orange Côte d’Ivoire, partenaire privilégié du musée. Parmi les rendez-vous à marquer d’une pierre blanche : la grande exposition de la Collection fantôme (avril 2020), et l’accueil du premier bien culturel restitué par la France, le Djidji Ayokwè, tambour sacré du peuple ébrié ayant quitté la Côte d’Ivoire en 1920, dont le transfert, en collaboration avec le Musée du quai Branly, devrait être assuré de façon imminente. Quelque 148 pièces majeures pourraient dans les prochaines années le rejoindre au pays et prendre place dans le nouveau musée prévu pour 2022…

Entrée : 1000 FCFA pour les Africains, 

2000 FCFA pour les non Africains et 500 FCFA pour les nationaux; accès gratuit tous les premiers dimanches du mois.

1 Seul fonds mondial exclusivement dédié à la protection du patrimoine culturel dans les zones en conflit.

Plateau, angle boulevards Carde et Abrogoua 

Ouvert du mardi au samedi de 09h à 18h30; les lundis, dimanches et jours fériés de 11h à 16h. 

Contact :  27 20 22 20 56

Facebook :  musée des civilisations de côte d’ivoire

 E. Vermeil