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Les capsules historiques de Candy Côte d’Ivoire

Marie-Noëlle du blog Candy Côte d’Ivoire adore l’Histoire de notre pays ! La grande Histoire, celle que l’on apprend dans les livres d’école et les « petits épisodes », moins connus, mais tout aussi importants qui l’ont jalonnée. Dans ses capsules, elle nous en révèle quelques-uns : des évènements majeurs et des anecdotes que vous ne connaissez peut-être pas, mais qui ont eu des influences primordiales sur la construction, l’engagement et l’identité de la Côte d’Ivoire. Ce mois-ci, partons en 1949, et découvrons l’héroïque combat des femmes lors de leur marche sur Grand-Bassam. Un pas primordial dans la voie vers l’Indépendance de notre pays.

1949, la marche des femmes sur Grand-Bassam

En Côte d’Ivoire, le mouvement anticolonialiste atteint son point culminant pendant l’insurrection nationale de 1949-1950. Le 06 février 1949, Étienne Djaument, leader du Bloc Démocratique proche des colons, ancien camarade de lutte d’Houphouët-Boigny et à présent son opposant politique s’apprête à faire des aveux compromettants concernant son ancien compagnon. Les partisans des deux hommes ainsi qu’Étienne Djaument sont réunis à Treichville lorsque des coups de feu sont tirés dans l’assemblée. La machine répressive de l’administration se met alors en route et 30 figures du parti PDCI-RDA dont Jean-Baptiste Mockey, Bernard Dadié, Mathieu Ekra ou René Sery Koré sont arrêtés et envoyés à la prison de Grand-Bassam.

À Grand-Bassam, les prisonniers sont maltraités et volés. “Le régime politique est toujours refusé aux détenus de Côte d’Ivoire du 06 février… sans literie, avec pour toute nourriture quelques grammes d’ignames cuites à l’eau.”, déclarera leur avocate Gerty Archimède. Plus de 9 mois après leur arrestation, aucune date de procès n’est encore fixée. Les femmes, mères et filles des détenus commencent à perdre patience et décident de prendre le leadership de la lutte. En décembre 1949, Anne-Marie Raggi, figure féminine importante du PDCI-RDA, organise un boycott des produits français. À sa suite, Léonie Richardo, Marie-Georgette Mockey et Marie Koré organisent une marche des femmes vers Grand-Bassam. Le 24 décembre 1949, environ 1000 femmes venant d’Abidjan se rendent à pied à Grand-Bassam avec l’objectif de faire libérer leurs hommes.

Une fois à Bassam, le pire se produit : les femmes sont battues à coup de crosses, reçoivent des gaz lacrymogènes et sont arrosées avec des jets d’eau. 2 jours plus tard, Marie Koré reviendra à la prison, mais sera finalement arrêtée et emprisonnée pendant 2 mois.

Malgré cette marche épique, les prisonniers ne seront pas libérés. Cependant, en mars 1950, certains seront enfin jugés. Parmi eux, Jean-Baptiste Mockey qui sera condamné à 5 ans de prison ferme. En juillet 1950, Gerty Archimède, première avocate guadeloupéenne, propose à son ami intime Félix Houphouët-Boigny de plaider pour les détenus de Grand-Bassam. Il accepte et elle se rend à Abidjan afin d’assurer leur défense. Tous les jours et pendant 4 mois, elle fera la navette entre la prison de Grand-Bassam et la résidence secondaire de Félix Houphouët-Boigny à Treichville où elle est logée. Il faudra cependant attendre avril 1951 pour que les détenus soient enfin libérés.

Les indépendantistes continueront leur lutte et certains retourneront même en prison en 1963. Quelques temps après, un billet de banque à l’effigie de Marie Koré sera édité et un monument à la mémoire de la marche de 1949 sera construit à l’entrée de Grand-Bassam afin que tout le monde se souvienne de l’acte héroïque de ces braves femmes.

Par Candy Côte d’Ivoire

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