Vous ne le savez peut-être pas, mais le savoir-faire de Cémoi, qui revendique plus de 200 ans d’ancienneté chocolatière, est présent dans près d’un tiers des tablettes vendues en France. Ce groupe familial, devenu numéro un du chocolat hexagonal et figurant dans le Top 5 des broyeurs de Côte d’Ivoire, présente un modèle unique puisqu’il est le seul à couvrir toute la chaîne de valorisation du cacao, de la fève à la tablette. Implanté au pays depuis 1996 avec son usine de produits semi-finis, Cémoi a décidé d’aller plus loin en inaugurant en 2015 sa première chocolaterie… que nous avons eu la chance de la visiter !

Fierté nationale, le groupe Cémoi montre que la filière du cacao ivoirien est de plus en plus intégrée et responsable. Ici on prend tout autant soin des « becs sucrés » que des différents acteurs du secteur : planteurs initiés aux bonnes pratiques agricoles et accompagnés dans la diversification de leurs activités (programme « Transparence Cacao » lancé en 2012), politique sociale riche (programme immobilier pour les salariés, formation, mutuelle sociale…), promotion des femmes… Dans ce groupe à vocation familiale, la moyenne d’ancienneté est de 15 ans et la passion du métier, perceptible chez chacun. C’est le cas de Meless Yedess, chef d’atelier broyage qui fut notre prolixe guide tout au long de cette instructive et fascinante promenade. 

Visiter une usine de chocolat, c’est un peu comme ouvrir ses cadeaux le matin de Noël : quel que soit son âge, on retrouve son âme d’enfant… Une belle découverte, qui dure entre 1h30 et 2h, et permet d’appréhender chaque étape de la chaîne cacaoyère sur un beau site de 10 ha parfaitement entretenu. Elle commence par la petite plantation expérimentale et son mini-centre de fermentation, saturés des effluves capiteux des fèves maturées. Une fois séchées, les fèves, réceptionnées en vrac dans des sacs en toile de jute par un impressionnant ballet de dockers, sont entassées sur des palettes dont les alignements forment de labyrinthiques et vertigineuses perspectives au sein d’un monumental entrepôt de stockage d’une capacité de 10 000 tonnes. Elles sont ensuite nettoyées et soumises à un rigoureux contrôle qualité (le site compte plusieurs laboratoires, dont un de microbiologie accrédité ISO 17 025) de leurs propriétés organoleptiques (grade, teneur en acides gras, taux d’humidité et de moisissure…) qui définit les normes d’achat. Dans les différentes « salles des machines » de l’usine, des équipements ultra-perfectionnés transforment ensuite les fèves en produits semi-finis. Nettoyage, séchage, concassage, alcalinisation, torréfaction, broyage et affinage permettent d’obtenir masse (liqueur lisse et homogène composée de cacao pur), beurre et tourteau (résultant de l’extraction du beurre de cacao par pression ; le concassage des tourteaux produit la poudre de cacao). Enfin, « climax » de notre visite, la chocolaterie, où après avoir été familiarisées avec les étapes du malaxage, broyage, conchage, tempérage, moulage, enrobage et conditionnement, nous avons pu goûter les productions du cru, réparties en 2 gammes destinées à démocratiser la consommation de chocolat à l’échelle locale et valoriser la marque Cémoi à l’international : Chocofun (poudre, pâte à tartiner et tablettes), et Cémoi (poudre 100 % cacao, tablettes et carrés dégustation, pâte à tartiner chocolat-cajou). Un régal en tous points !

Pour visiter l’usine, prenez rendez-vous 10 jours à l’avance sur fb.chocolat.civ@cemoi.com. Groupes de 25 à 50 personnes max. Tarifs : 10 000 FCFA (adulte), 5 000 FCFA (13-18 ans) et 3 000 FCFA (4-12 ans) donnant droit à un lot de produits de valeur équivalente au prix payé. Paiement en espèces avant la visite. Visite du lundi au vendredi et un samedi matin sur 2 selon calendrier.

Par E. Vermeil

Publié en mai 2021