Quel visiteur de la ville de Bonoua n’a jamais remarqué l’hideux masque trônant sur sa place centrale ? Une façon de rappeler à tous, que chaque année, à la fin du mois d’avril, c’est vers cette petite ville, que tous les regards se portent, le temps de deux semaines rythmées par les défilés endiablés du Popo Carnaval ! CIABJ s’est laissé prendre au jeu de la pantomime pour nous en livrer une revue des troupes. “Si tu n’es pas sage, le Popo viendra te dévorer les orteils !” Voilà ce qu’on pourrait entendre adresser aux petits ivoiriens à la nuit tombante. Car ne vous fiez pas à son nom. Celui que l’on appelle de ce sobriquet enfantin n’est autre que l’incarnation des masques dans la tradition Abouré. Loin de se contenter d’effrayer les enfants, le personnage du Popo est ainsi célébré dans un tourbillon de musique et de défilés, entre craintes des plus petits et euphorie généralisée. Défilés, chars, concours de beauté, théâtre… : une manifestation aux multiples facettes Et le monstre de papier mâché n’est pas venu seul ! Il entraine dans son sillage tout un cortège de personnages funèbres. Des squelettes aux colons blancs en passant par d’amusants attroupements de travestis, ils rythment le défilé de leur déhanchés devant une foule dense d’enfants, d’habitués et de curieux. Après le calme des cultes aux ancêtres vient le temps des danses, des fanfares, du théâtre de rue et des chars. Ils s’emparent de la ville pour laisser place à un grand bal populaire achevant de bannir le Popo et ses monstres loin de la Côte d’Ivoire. Enfin du moins, jusqu’à l’année prochaine !

CIABJ

Publié en ami 2017