Durant ces dernières semaines, nous avons eu la chance d’être embarqués dans une folle virée-découverte des terres ivoiriennes. Ce court, mais intense vagabondage touristique «intramuros» nous a menés vers de nombreuses villes de Côte d’Ivoire. Autant d’endroits authentiques, que nous aurions souhaité explorer plus en détails, tant il y a de choses à découvrir sur les cultures qui coexistent dans ce pays. Pour lors, notre curiosité s’est arrêtée sur la jolie ville de Yamoussoukro, notre chère capitale politique, restée captive du temps, et figée quelque part entre nostalgie et désir de modernité. Petit cours d’histoire-géo Située à 248 km au nord d’Abidjan ; à 3h de route, à une vitesse raisonnable, sur une autoroute refaite (à moins que vous ne préfériez l’hélico) ; Yamoussoukro est la capitale de la région des Lacs. D’une superficie de 3 500 km2, le district de Yamoussoukro compte un peu plus de 300 000 habitants répartis dans les sous-préfectures et communes d’Attiégouakro (que je vous mets au défi de prononcer correctement du premier coup), de Yamoussoukro, de Didiévi et de Tié-N’diékro1. Ce qui caractérise cette ville hors normes, c’est essentiellement son architecture élégamment ancrée dans les années 70, et ses grandes voies malheureusement craquelées par le temps. Yamoussoukro est une vieille dame digne et encore debout, malgré les rides qui trahissent son âge et son vécu héroïque. Nous avons eu plaisir à séjourner durant quelques jours, dans ce havre de paix, légué par le père fondateur de la nation ivoirienne, le Président Félix Houphouët-Boigny. Tout dans cette ville rappelle l’existence de cet homme visionnaire, qui a bâti la Côte d’Ivoire… Pour la petite histoire, Yamoussoukro tient son nom de la grande tante de feu le Président Félix Houphouët-Boigny, en la personne de Nanan Ya N’So ou Yamoussou qui rebaptisera le village originairement appelé N’Gokro (le village de N’Goh2), de son nom actuel YamoussouKro (le village de Yamoussou). L’histoire nous dit qu’elle en était la reine, et qu’elle dirigeait le village avec fermeté, tout en prônant la paix, notamment à l’arrivée des colons français avec qui elle a su négocier dans l’intérêt de son peuple3. L’Hôtel Président C’est bien là le sentiment qui nous anime, chaque fois que nous nous y arrêtons… Yamoussoukro est chargée d’histoire, et offre un voyage dans le temps unique, aux personnes qui ont le plaisir d’y séjourner. Pour notre part, nous avons posé nos valises à l’Hôtel Président, qui reste le passage obligé dans la ville, avec ses chambres typées (presque clichées), son night-club : le Kotou (parce que dire « boîte de nuit » aurait été trop moderne), ses innombrables bars, sa piscine, son restaurant panoramique et son immense cours de golf. L’Hôtel Président a dans ses, cette atmosphère qui nous ramène a une époque que l’on aurait bien aimé connaître. Notre imagination nous introduit facilement dans les soirées mondaines, où le gratin de la sous-région se donnait rendez-vous, après des journées passées autour de la piscine, dans une chambre, au bar, ou même dans la salle de cinéma de l’hôtel. Le parfum de ces temps glorieux se mêle, de façon harmonieuse à la décoration très sixties du lieu. Nous sommes à nouveau conquis ! Une basilique en Afrique! Durant le séjour, il va sans dire que nous recommandons un arrêt à la Basilique «Notre Dame de la Paix»… mais de nuit. Bien que les portes soient closes, observer l’imposante construction perdue au milieu de nulle part, depuis le toit de la voiture, est une expérience unique. Le calme environnant donne un sentiment de plénitude sûrement lié à la sainteté du site ; car ne l’oublions pas, ici nous sommes sur le territoire du Vatican. L’idéal serait que des visites soient organisées quelques fois l’an, de nuit pour un public privilégié. Les vitraux doivent être magnifiques de l’intérieur avec les lumières du soir. A mûrir donc… Après notre escapade nocturne, direction « la bâche bleue », un restaurant en plein air, situé sur les bords du lac artificiel, où grouillent les crocodiles. Le poisson que nous y avons mangé était frais à souhait, et l’ambiance plutôt sympathique. Nous avons été presqu’ignoré par les moustiques. Pensez donc à vous couvrir et à ramener un anti-moustique à la citronnelle. Mais aussi… Chanceux que nous sommes, nous avons pu accéder au sein de la Fondation Félix Houphouët Boigny et du Palais Présidentiel, deux édifices impressionnants, laissés derrière lui, par le Maître des lieux. Tout comme l’INPHB (l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët Boigny), les architectures de ces bâtiments sont d’un autre temps, d’une autre époque ! Le voyage continue… Découverte pour découverte, nous avons poussé notre curiosité sur les pistes menant à l’extérieur de la ville, vers le village de Tiébissou, à la rencontre des tisserands. La technique utilisée pour tisser fil par fil, les magnifiques pagnes baoulé est impressionnante. Un savoir-faire ancestral qui fait la fierté et la richesse de la région. Cette étape de notre séjour fera l’objet d’un autre partage dans les prochains numéros du BAAB… restez attentifs. A très vite !

A’Lean pour Baab

Publié en décembre 2015

Retrouvez les bonnes adresses citées dans cet article :