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Après Paris, l’Andorre, Genève, Berlin et Ouagadougou, le land artist Saype prend provisoirement ses quartiers à Yamoussoukro pour y poursuivre l’étape africaine du monumental projet qu’il a lancé en 2019 sur le Champ-de-Mars, Beyond Walls. Objectif : réaliser, à travers de gigantesques fresques de mains entrelacées peintes sur l’herbe, la plus grande chaîne humaine du monde, en ralliant plus d’une trentaine de villes sur 5 continents en l’espace de 5 ans. En Côte d’Ivoire, le message d’optimisme, de bienveillance et d’entraide revendiqué par l’artiste afin de promouvoir le vivre ensemble n’aurait pu trouver lieu ni échéance plus appropriés que la Capitale de la Paix en cette année électorale qui marque aussi les 30 ans de la Basilique.

Né en 1989 à Belfort, Saype (Guillaume Legros à l’État civil) est un artiste autodidacte venu à la peinture à l’âge de 14 ans par le biais du graffiti. Très existentiel dans son approche de l’art, il explore le plus souvent des problématiques liées à l’être humain, et envisage son travail comme un moyen de partager sa vision du monde, nous invitant à nous interroger sur notre place sur terre et dans la société. Pionnier dans le domaine de la peinture sur herbe, il réalise depuis 2013 de gigantesques fresques éphémères dans les paysages, avec une préparation 100 % biodégradable («Impacter les esprits sans impacter la nature» aime-t-il à répéter) qu’il compose lui-même à partir d’eau, de craie, de charbon et de caséine, et pulvérise ensuite à l’aide d’un compresseur. Les œuvres issues de ce procédé ont une durée de vie de 15 jours maximum : elles s’effacent au gré des caprices de la météo et du passage des promeneurs pour finir par disparaître complètement, laissant la nature intacte comme si elles n’avaient été qu’un rêve, une apparition (cela a d’ailleurs permis à Saype d’investir des zones très protégées, comme les Alpes suisses). Seule trace tangible de ces «géantes éphémères», les photographies prises au drone par Valentin Flauraud et ensuite éditées par Guillaume. 

Les mains représentées dans le cadre du projet Beyond Walls font partie d’une base de données constituée par Saype au fur et à mesure de ses voyages et rencontres, et sont volontairement «intraçables» – bien que portant les marques subtiles d’appartenances multiples, qu’elles soient sociales, géographiques ou ethniques : au moment où il sélectionne son modèle, l’artiste ne sait pas ou plus forcément de qui il s’agit, et s’inspire de mains que l’on ne peut rattacher à aucune religion, origine ou langue, aucun curriculum vitae ni statut social particulier. Juste des mains se tendant, se serrant et s’unissant dans un effort commun pour faire tomber les murs qui séparent les humains et les enferment dans un espace mental ou géographique.  

Pour sa réalisation à Yamoussoukro, Saype investit les jardins entourant la Basilique Notre Dame de la Paix. Le chaînon ivoirien de sa grande farandole universelle devrait s’étaler sur une surface totale de 6 à 10000 m2 et être exécuté en une dizaine de jours. L’équipe redescendra ensuite sur Abidjan pour une conférence de presse prévue pour se tenir le 16 mars au musée Bin Kadi So, en même temps que les photographies des fresques seront officiellement dévoilées. En attendant, il sera possible de suivre l’avancée des travaux sur les réseaux sociaux de l’artiste, et Canal+, qui s’est associé au projet, diffusera également des images du chantier. Un événement de taille, dans tous les sens du terme!

Site : www.saype-artiste.com

Facebook : Saype Artiste

Instagram : saype_artiste

Mail : saype.artiste@gmail.com

E. Vermeil