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Mois de mars. Journée Internationale des Droits des Femmes. 

Alger, il y a quelques années. 2005, je crois… Mon client avait offert une rose à chaque salariée de l’entreprise, et leur avait donné congé pour l’après-midi. D’après leurs collègues masculins, elles s’étaient empressées d’aller à la foire locale, car, c’est bien connu, les femmes et le shopping…

Mois de mars 2021. Le pagne est sorti, aux quatre coins de l’Afrique. Le modèle est trouvé, le défilé est prêt.

Moi, femme, je dis que : 

Je me fiche de ce que font les hommes au sujet de l’égalité salariale. Un homme sur 2 négocie son salaire à l’embauche. Seule 1 femme sur 8 le fait. Une fois dans l’entreprise, les femmes formulent autant de demandes que les hommes, mais ont 25% de chance de moins d’y accéder. Pourquoi ?

Moi, femme africaine, je dis que nous aurons avancé un peu sur le chemin des droits des femmes le jour où nous arrêterons de payer nos nounous 25 000F et nos chauffeurs 120 000F. L’une pour garder, bercer, nourrir, laver, éduquer, consoler, moucher, torcher, distraire et aimer le fruit de nos entrailles. L’autre pour conduire d’un point A à un point B une voiture souvent automatique et climatisée, et s’assoupir sous un arbre.

Moi, femme, je dis que, j’aurai avancé un peu sur le chemin de l’égalité le jour où les chargés de recrutement arrêteront de me demander en entretien « Et que fait votre époux ? » comme si l’activité professionnelle de mon partenaire avait un lien avec mes compétences et ma rémunération future.

Le jour où un DRH ne me dira plus : 

« Madame vous êtes le premier salaire féminin de la société, je ne peux pas vous augmenter ! Dites à votre époux d’augmenter l’argent de la popote… ».

Le jour où nous arrêterons de dire à nos filles d’attraper leur cœur dans un foyer violent. 

Le jour où nous cesserons de blâmer les victimes de viol, d’attouchement ou de violences conjugales en disant : « Ah, toi aussi, tu as fait quoi pour le provoquer ?! ».

Le jour où les grands-mères et tantes cesseront d’exciser nos filles sans notre consentement.

Le jour où nous cesserons de propager la théorie d’un désir irrépressible de l’homme, comme s’ils n’étaient que des bêtes sauvages, esclaves de leurs pulsions. 

Le jour où nous ne demanderons pas à nos filles de se couvrir davantage, mais où nous enseignerons à nos fils le respect du corps de l’autre et la notion de consentement.

Le jour où, nous femmes cesseront de nous précipiter pour rallumer la lumière, servir le thé ou être désignées systématiquement comme rapporteur dans des ateliers de team-building majoritairement masculins.

Le jour où je cesserai de dire, dans un accès de colère à NappyDiopy « Mais tu es une femme, tu dois cuisiner ! » alors qu’Alchoco n’est en charge que de passer l’aspirateur, s’il le veut bien.

Mesdames les Directrices des Ressources Humaines, que faites-vous quand une salariée est contrainte de démissionner pour cause de harcèlement moral ou sexuel ? Madame CEO, CFO, COO, Secrétaire, Maître, Docteur, Choupette, Tanti, Maman, Mamie… Que fais-tu pour faire avancer la cause de la Femme dans ton foyer ou ton entreprise ?

Moi, Zoum, je dis que la journée internationale des Droits de la Femme commence avant tout par nous-mêmes. Je voudrais saluer toutes ces femmes, brillantes, bienveillantes, douces et fortes, qui me rappellent au quotidien que la sororité et l’exemplarité existent.

#RaiseAwareness #PourNosFilles #NosSoeurs #NosMères #Sororité#WomenSupportingWomen

ZebraZoum