Voyage dans l’âme, exploration du soi profond. Voyage vers l’autre, expression de l’amour du prochain. Dans les deux cas de figure, multiples sont les étapes qui jonchent notre cheminement. Amakan nous emmène à les découvrir en nous embarquant dans ses « Pérégrinations ». Une vingtaine de tableaux exposés jusqu’au 30 juin 2021 à la Case Bleue, à Grand-Bassam.

Il a toujours eu une démarche du don de soi, jamais celle du preneur à autrui. Amakan, même dans la période la plus sombre de sa vie, sa plus tendre enfance, alité pendant longtemps dans l’impuissance et l’angoisse, a su trouver au fond de lui une source de trésors aux couleurs chaudes et froides. Des trésors enfouis dans les souvenirs d’une enfance typique de la classe moyenne sous nos tropiques. Il a su avec beaucoup d’introspection leur donner un sens philosophique pour les magnifier. Artiste-peintre semi-figuratif, il use d’une technique mixte pour présenter sur ses toiles des personnages abstraits qui apparaissent et disparaissent sous des points, des lignes, des tracés… au gré de ses pensées et de ses désirs de liberté. Une véritable art-thérapie devenue au fil des ans son mode d’expression par excellence. Expression amplifiée par l’usage de couleurs chaudes ou froides selon l’état d’âme de l’artiste face à sa réalité in situ. Comme ce fut le cas, lors de la crise post-électorale ivoirienne d’il y a quelques années et dont il s’est inspiré pour réaliser la collection  « Entre chaos et sérénité ». Des couleurs qui permettent également à ce tachiste d’extérioriser les douleurs de son enfance, et dans un dégradé, de retrouver un certain équilibre en abordant une perspective religieuse, comme dans « Imploration », série d’une vingtaine d’œuvres réalisées il y a une dizaine d’années. À travers « Pérégrination », sa dernière collection qui regroupe une vingtaine de tableaux peints grâce à une technique mixte sur toile, l’artiste présente les différentes étapes de son voyage dans la vie dans un style abstrait et des jets de couleurs chaudes et froides comme pour ne pas circonscrire ses perceptions, mais plutôt se fondre dans celles de celui qui les regarde. « Je pense que toutes choses commencent d’abord dans le spirituel et le psychisme en s’assurant quand partir et comment y arriver. Au cours du voyage, bien qu’il y ait un esprit positif, il y a aussi l’incertitude, la tristesse, l’émotion, la nostalgie, la quête, le désir, l’espoir d’un lendemain meilleur. On en ressort toujours avec une richesse immatérielle nourrie d’échanges culturels et de partages d’expériences. »

Né à Touba, dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire, Amakan, acronyme de son nom à l’état civil Amani Aka Ange, est issu du Centre technique des Arts appliqués de Bingerville et du Conservatoire Régional des Arts et Métiers d’Abengourou. Il a participé à plusieurs ateliers notamment avec Amon Barthelemy (Amon Barth), Jacobleu, Louis-Marcel Wanoumi et Stenka. Après avoir participé à plusieurs expositions collectives en Côte d’Ivoire, Norvège, Suisse, au Burkina, Sénégal et en Guinée, il présente sa 1ère exposition individuelle « Exaltation » en 2014 à la galerie Houkami Guyzagn, à Abidjan, puis la 2ème « Spiritual Journey » en 2019 dans la même galerie. Il s’illustre cette année avec « Pérégrination » jusqu’au 30 juin, à la Case Bleue, à Grand-Bassam.

Insta : Amani Aka Ange

Expo « Pérégrination » | Baab

 Par Yannick Effoumy

Publié en juin 2021