De l’art plastique à la musique, la frontière est quasiment invisible chez le jeune artiste peintre Obou Gbais. En vogue en ce moment sur les cimaises abidjanaises, il a dévoilé depuis le 03 octobre dernier une nouvelle facette de son fidèle masque Dan, le Gué Gon à travers un nouveau projet musical intitulé « Je go ». Mais où va-t-il ? BAAB vous révèle sa destination.

« Si tu vois ma go, dis-lui que je go chez les white pour avoir mon jeton, pour avoir mon gué. La galère du quartier, moi je suis fatigué. La galère du pays, moi je suis fatigué. Mon frère, je te jure que je suis fatigué. J’ai tout fait, j’ai tout « la » pour avoir mon jeton. J’ai wash les voitures, je n’ai pas eu mon gué. J’ai tchoun les chaussures. Est-ce que j’ai eu mon gué ? Le garba, j’ai vendu, est-ce que j’ai eu moro ? J’ai tout fait, j’ai tout la pour avoir mon jeton. Si tu vois ma go, dis-lui que je go. » 

Ces paroles sont un extrait du nouveau projet musical de l’artiste peintre Obou Gbais intitulé « Je go ». Sur fond de musique hip-hop lente et entrainante, l’artiste explore de nouveaux horizons afin de donner plus de vie à son art axé sur l’impact des remous socio-politiques en Côte d’Ivoire, comme l’immigration des jeunes en quête de l’Eldorado. Un thème très souvent abordé dans ses œuvres picturales qu’il transpose en son, vidéo et paroles dans un remix d’un classique camerounais de l’artiste Koppo revisité dans le jargon ivoirien. Comme quoi, l’art à part entière n’est pas un tiers de l’art. Fidèle à son style d’écriture picturale, Obou présente des visages masqués dans un décor chaotique traduisant la misère. Il est lui-même transfiguré dans son Gué Gon, un masque traditionnel du peuple Dan, originaire de l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est issu. 

La musique a toujours été l’une des nombreuses cordes de ce talentueux artiste découvert récemment par les amateurs d’art. Pendant ses études à l’INSAAC, il passait tout son temps à chanter avec les musiciens de l’école. Loin de vouloir faire carrière, Obou désire juste montrer au monde son savoir-faire et s’exprimer de façon engagée sur l’immigration des jeunes Africains, un sujet très souvent abordé et dont il est rarement fait mention des raisons profondes. « Ici je me mets dans la peau de l’immigré, ce qui le pousse à Go, à aller à l’aventure ». « Je go » est pour lui un moyen d’entrer dans une autre dimension. C’est également une nouvelle lucarne d’expression qui lui permet de transcender sa création plastique et musicale afin de laisser des traces pour les générations futures. L’artiste, très inspiré en ce moment, travaille sur un autre projet avec son confrère Monnou Désiré Koffi intitulé « Connexion à la culture » qui sera présenté au public en décembre.

Obou Gbais est un artiste plasticien ivoirien né en 1992 à Guiglo. Titulaire d’un Bac H1 obtenu au Lycée d’Enseignement Artistique, il se prépare à soutenir son mémoire de Maîtrise sur le thème « Expression picturale inspirée de la foule » sous la direction de Pascal Konan. En 2017, il s’exportait à Zurich dans le cadre de l’exposition « Système D » à la TA’ART Galery. En 2018, il exposait à la Rotonde des Arts avec Roger Yapi sous le thème « Redonner un sens à la vie » et participait au projet « Bicici, amie des arts ». Il a exposé également à la Case Bleue à Grand-Bassam et à la galerie Art Time à Abidjan. Ses œuvres ont égayé l’ouverture récente du Plaza Café d’Abidjan. Il s’est brillamment illustré cette année lors du projet 

« Abobo ê zo » initié par la mairie d’Abobo.

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Youtube : Obou

Yannick Effoumy